Programme - Maison de la poésie - Rennes

 

Pour vous aider à vous repérer dans notre bibliothèque en ces temps confinés, durant lesquels il nous est plus difficile de vous conseiller directement, nous publions sur notre site des notes de lecture écrites par des membres de l'association, sur des livres de leur choix, à leur façon.

 

Cela vous fera découvrir, on l'espère, des idées de lecture, mais permettra également d'enrichir sur le long terme le catalogue en ligne de notre bibliothèque.

 

Si vous souhaitez vous aussi contribuer à ces notes de lecture, rien de plus simple, il suffit de nous les envoyer en format doc, docx ou odt par email à contact@maisondelapoesie-rennes.org. Nous nous chargerons ensuite de les publier sur la page d'accueil du site et sur la fiche de renseignement des livres concernés.

NOTES DE LECTURE #1

4 notes de lecture

Date
22 mai
Lieu
Maison de la Poésie de Rennes
47 rue Armand Rébillon

Aujourd'hui, Gaël vous propose 4 notes de lecture, de livres de Jean-Pierre Georges, Mariette Navarro, Jean-Michel Espitallier et Sophie G. Lucas. Ils sont tous empruntables dans notre bibliothèque.

 

1) Jean-Pierre Georges, Le moi chronique, Les Carnets du Dessert de Lune, 2014 (fiche en ligne)

 

Bon, je ne veux pas vous parler spécifiquement de ce livre-là, mais je pars de ça parce que c'est le seul qui est actuellement au catalogue de la Maison de la Poésie. Mais l'écriture de Jean-Pierre Georges, dans son ensemble, est une friandise un peu amère dont je ne me lasse pas. Dans des textes courts, comme des instantanés littéraires, il saisit comme personne le doute, la mélancolie, la faille. Tout en y instillant un humour désabusé, comme un rempart contre l'effondrement total. Une des phrases en forme de maxime, que j'aime particulièrement : « Vivre n'est pas très intéressant, mais il y en a qui s'intéressent à tout. » Toute sa philosophie et sa finesse d'écriture sont concentrées là. Pour moi, il écrit admirablement ce mélange étrange qu'est la vie : beauté, trivialité, drôlerie dans la tristesse, lyrisme dans le quotidien.

 

2) Mariette Navarro, Alors Carcasse, Cheyne, 2012 (fiche en ligne)

 

Je ne saurai que trop recommander la lecture intégrale des écrits de Mariette Navarro, qui écrit de la poésie et du théâtre, s'il faut distinguer les genres. Mais son théâtre est empreint de poésie (équilibre difficile) et sa poésie n'est pas sans théâtralité. Alors Carcasse, c'est l'histoire d'un personnage qui ne se sent pas tout à fait à sa place, mais qui revendique le droit d'être là. On suit les mouvements intérieurs de Carcasse, ce qui bouge, ce qui s'agite, ce qui se révolte, ce qui est empêché. C'est une forme d'introspection qui aurait pu être écrite par une doctoresse-anthropologue-poétesse. En ces temps post-confinement et après une période durant laquelle ça a pu secouer sec dans nos corps et dans nos têtes, Alors Carcasse peut nous faire du bien, et nous donner furieusement l'envie de laisser exploser nos volcans intérieurs.

 

3) Jean-Michel Espitallier, L'invention de la course à pied, Al Dante, 2013 (fiche en ligne)

 

Avec Espitallier, on se régale de pépites d'humour. Il aime faire des demonstrations aux apparences logiques pour nous amener vers des conclusions absurdes. Dans L'invention de la course à pied, il propose une approche pseudo-historique en expliquant pourquoi l'homme s'est mit à courir et en glosant sur la pratique de le course au fil du temps. Évidemment il se joue de tout, ne recule devant aucune approximation, et nous conduit peu à peu vers une fin beaucoup plus sérieuse que ne le laissait présager le début du livre, avec une véritable portée philosophique. À une époque ou le running semble être une passion qui se développe, l'éclairage d'Espitallier peut vous aider à vous déculpabiliser de ne pas avoir, vous aussi, enfilé votre plus beau jogging et chaussé vos baskets dès le début du confinement.

 

4) Sophie G. Lucas, Témoin, La Contre-Allée, 2016 (fiche en ligne)

 

Sophie G. Lucas a arpenté les tribunaux. Pas les assises aux affaires flamboyantes qui retentissent dans les médias. Plutôt les salles de comparution immédiate. A la manière des croquis qui se font dans les prêtoires, elle écrit des portraits, non pas de personnes, mais de situations. Dans son livre, on voit des femmes et des hommes, mais surtout des hommes, aux prises avec la justice. Pour beaucoup ce n'est pas la première fois. Ceux qui ont été pris pour la enième fois pour conduite en état d'ivresse, ceux qui roulent sans permis parce qu'on le leur a retiré mais qui on besoin de conduire pour travailler, ceux qui n'arrivent pas à contenir leur violence... Elle ne commente pas, elle donne à voir, dans un subtil mélange de description et de discours direct. Et s'ouvre alors devant nous toute un paysage de l'inégalité et de l'injustice sociale que l'Etat de droit est impuissant à prendre en charge. On pense au magnifique documentaire Dixième chambre de Raymond Depardon. Et on se dit que la poésie peut avoir une grande force politique.

 

 

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