retour


J - K -L

Jacques Jouet

Redonde

C'est toujours un peu tard que tu pleures
emmailloté dans ton habit bleu
qu'aura maculé de brun la guerre
de sang tout encroûté, de gros bleu.
C'est sur la bêtise que tu pleures

poilu, soldat de dieu, casque bleu
sur les désastres des grandes guerres.
S'il reste du carburant, tu pleures
encore sur les petites guerres
celles pour les débutants, la bleu-

saille, enfin sur les moyennes guerres.
Et toi, là, qui par contre ne pleures
pas, tu en redemandes des bleus
des coups, des plaies, des bosses. Tu pleures
de ne les rendre qu'en temps de guerre.


in Poèmes avec partenaires, P.O.L., 2002

oulipo.net


Jacques Jouet est un membre actif (c'est-à-dire non décédé, non excusé et à temps plein, selon la terminologie oulipienne) de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle fondé par François Le Lionnais et Raymond Queneau), et collaborateur à France Culture (Des papous dans la tête, les Décraqués de Bertrand Jérôme).

   Il se veut écrivain tout-terrain : il écrit des poèmes chaque jour que les circonstances font (1 poème par jour depuis 9 ans) mais aussi des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre, des essais. Ça ne lui fait pas peur qu’un poème puisse être imprimé sur un T-shirt. Il n’aime pas la pureté : la littérature n’est pas pure ; la langue n’est pas pure, même les origines ne sont pas pures. De plus, à ses yeux, la littérature n’est pas une activité solitaire. C’est pour cela, peut-être, qu’il est si attiré par le théâtre.

   En 2009, Jacques Jouet a reçu le prix de Poésie Max Jacob pour son livre MRM.

Bibliographie partielle
Bodo, roman (P.O.L. 2009)
MRM ( P.O.L 2008)
Une mauvais maire, roman (P.O.L. 2007)
Poèmes avec partenaires POL (2002)

CNL

François Jullien

"De là, l'intérêt à passer par la pensée chinoise pour prêter attention à ces "transformations silencieuses" : sous le sonore de l'événement, elles rendent compte de la fluidité de la vie et éclairent les maturations de l'Histoire tout autant que de la Nature."

Les transformations silencieuses, Grasset 2009

jeudi 19 novembre 2010

 


FRANCOIS JULLIEN
Les transformations silencieuses

Ou l'on repassera dans son esprit cette belle image puisée aux Arts littéraires de la Chine ancienne: quand on est en barque et qu'on lève un instant les avirons, tel est l'art de la transition. On ne pagaie plus, le mouvement de ramer - d'écrire - est interrompu, mais le bateau est porté et poursuit sur sa lancée.

 

Ecouter la conférence

univers.fm


...la vie est-elle transition, dont chaque moment se découvre et compte à part entière, et est gros du suivant, ou bien est-elle traversée, dont ce qui compte à l'avance est l'arrivée? Dans ce dernier cas, elle se charge d'énigme; elle n'est plus la vie, à proprement parler, mais devient 1'« existence ». Son cours s'engendrant de lui­même, et comme tel s'intégrant dans le naturel, bascule aussitôt dans la question sans fond, dont tirent leur puissance le métaphysique et le religieux.


La transformation silencieuse, en revanche, ne force pas, ne contrecarre rien, ne se bat pas; mais elle fait son chemin, dira-t-on, infiltre, s'étend, se ramifie, se globalise - fait «tache d'huile ». Elle s'intègre en désintégrant; se laisse assimiler en même temps qu'elle défait à mesure cela même qui l'assimile. C'est aussi pourquoi elle est silencieuse: parce qu'elle ne suscite pas contre elle de résistance, qu'elle ne fait pas crier, ne suscite aucun rejet, on ne l'entend pas progresser.


Un mot chinois (che) nous servira de guide dans cette réflexion. Il s'agit pourtant là d'un terme relativement commun auquel on n'attribue guère, d'ordinaire, de portée philosophique et générale. Mais ce mot est en lui-même source d'embarras, et c'est de cet embarras qu'est né ce livre.
Les dictionnaires, pour leur part, rendent ce terme aussi bien par « position» ou « circonstances» que par «pouvoir» ou «potentiel ». Quant aux traducteurs et aux exégètes, sauf dans un domaine précis (en politique), ils compensent le plus souvent leur imprécision à son égard par une note de bas de page qui se borne à faire état de cette polysémie - sans y attacher plus d'importance. Comme si nous avions seulement affaire à l'une des nombreuses imprécisions de la pensée chinoise (insuffisamment « rigoureuse») dont il faille prendre son parti et auxquelles on s'habitue. Simple terme pratique, forgé d'abord pour les besoins de la stratégie et de la politique, utilisé le plus souvent dans des expressions typées et glosé presque exclusivement par quelques images récurrentes: il n'y a rien là effectivement qui puisse lui assurer la consistance d'une véritable notion - comme la philosophie grecque nous en a donné l'exigence - à finalité descriptive et désintéressée.
Or, précisément, c'est l'ambivalence de ce terme qui m'a attiré, dans la mesure où elle trouble insidieusement les antithèses bien faites sur lesquelles repose - se repose - notre représentation des choses: parce que ce terme oscille ostensiblement entre les points de vue du statisme et du dynamisme, un fil nous est donné à suivre pour nous glisser derrière l'opposition de plans dans laquelle se laisse murer notre analyse de la réalité.

La propension des choses, Points Seuil, 2003


L’œuvre de François Jullien se construit entre pensée chinoise et philosophie européenne. Dialogue des représentations qui, ouvrant « la » culture européenne à un autre regard, la révèle autrement à elle-même. Son travail vise à dépayser la pensée, en explorant ailleurs d’autres intelligibilités que celles développées par « la » pensée européenne. Il explore ainsi de nombreux domaines : la morale, l’art, les logiques du sens, mais aussi la stratégie ou encore le langage, la création poétique. Ainsi, dans Si parler va sans dire, il interroge le rapport à la langue et croise, vue de Chine, la réflexion de Mallarmé. En quoi, bien sûr, il nous intéresse. Il interroge l’universalisme facile et tout autant le relativisme paresseux. Une manière de « recatégoriser » la pensée et de contribuer ainsi à une configuration nouvelle de nos représentations.
Né en 1951, François Julien n’a cessé d’explorer la langue et la pensée chinoise. Philosophe et sinologue, il est professeur à l’Université Paris 7 Denis Diderot, directeur de l’institut de la pensée contemporaine et du Centre Marcel-Granet. Il dirige la collection « Orientales » aux Presses Universitaires de France et « l’Agenda de la pensée contemporaine » aux éditions Flammarion. Depuis 1979, il est l’auteur de très nombreux ouvrages parmi lesquels on retiendra : La Valeur allusive (1985), Eloge de la fadeur (1991), Le Détour et l’Accès (1995), Si parler va sans dire (2006) et enfin Les Transformations silencieuses (2009).

wikipédia
Et aussi...


Paol Keineg

Il n'est pas de frontière entre hier et demain, pas plus qu'entre la vie et la mort,

ni grosse ardoise levée, ni tremblement de ruisseau, mais un commerce

large et spongieux de tous les instants, une profonde contagion des années et des siècles, au-delà des paupières noires de la nuit,

au-delà de la rotation des continents, des maternités océaniques,

le libre accès au temps par les fourmillements et les fulgurations de la mémoire,

la libre circulation du temps par l'agitation vigou reuse de l'esprit,

la possession du temps.

Les Trucs sont démolis – Une anthologie, 1967-2005,
                        Obsidiane / Le Temps qu'il fait, 2008

 


Paol Keineg est né en 1944 à Quimerc'h (Finistère). Il a publié son premier livre, Le Poème du pays qui a faim, en 1967. D'emblée, ce texte le fit connaître. On y décelait une puissance, un lyrisme, une énergie que l'on trouvait peu dans la poésie de langue française de l'époque. Très vite, d'autres livres suivirent. Des poèmes ouverts. A la fois fougueux et décapants. Portés par une langue qui allait assez rapidement  bouger pour devenir plus concise, plus âpre, moins incantatoire qu'à ses débuts mais tout aussi nerveuse, inventive, efficace, inimitable.
ll y a deux ans, un livre intitulé Les trucs sont démolis a permis à tous ceux qui avaient pu perdre la trace de Paol Keineg (qui a vécu 35 ans aux États-Unis), de se rendre compte de la diversité et de la densité d'une œuvre qui, malgré la discrétion de son auteur, n'a cessé de s'amplifier. Ce livre rend enfin sa poésie  lisible sur la durée. Ce vaste chantier en perpétuelle construction et déconstruction du langage,  montre la force et la belle énergie qui s’affichent  en permanence chez un poète qui est également dramaturge et traducteur.

Bibliographie sélective :

   Les Trucs sont démolis – Une anthologie, 1967-2005,
                        Obsidiane / Le Temps qu'il fait, 2008

            Là et pas là, Le Temps qu'il fait, 2005
            Terre Lointaine, (théâtre) Apogée, 2004
            Triste Tristan suivi de Diglossie, j'y serre mes glosses, Apogée, 2003
            Anna Zéro, (théâtre) Apogée, 2002

photo

Alain Kervern

"Classées parmi les « choses qui tombent » au même titre que les giboulées, l'averse, la chute des flocons ou le givre, les feuilles d'érable deviennent à chaque automne un spectacle dont la perfection déjà connue se répète inépuisablement. Modulation collective d'une relation japonaise au monde, les feuilles rouges d'érable sont l'objet d'une sensation directe et d'une réalité distante, à la fois être et paraître. Les érables rouges sont bien sûr la source d'un embrasement intérieur, illuminant la sphère propre à l'imaginaire de ce peuple. Mais le flamboiement des feuilles d'érable éclaire aussi d'une lumière seconde ce qui apparaît comme le passage entre le sensible et le suprasensible."

A L'ouest Blanchit la lune . Grand Almanach Poétique Japonais
Livre IV. L'automne. Traduction et adaptation par Alain Kerven
Ed. Folle Avoine


Alain Kervern est né à Saïgon le 14 janvier 1945 .Diplômé de l’Ecole Nationale des Langues Orientales Vivantes, et de l’université de Paris VII, il revient définitivement en Bretagne en 1973, à Brest, où il enseigne le Japonais.

Il a traduit plusieurs poètes des traditions classique et moderne du haïku.

L‘ouvrage collectif intitulé Tro Breizh, en notre faim, notre commencement (Skol Vreizh, 2001) a reçu le Ginyù Haiku Prize en 2004.

Dans le souci de transmettre les valeurs pédagogiques attachées à l’apprentissage des techniques du haïku, il a traduit le manuel d’un instituteur japonais initiant les enfants à la pratique de ce genre poétique, dans une version en breton : Koroll an haïku (Skol Vreizh, 1999), et en français : La ronde des haïku (Ubapar édition, 2004). Il organise des stages et des animations sur le haïku dans un esprit d’éducation populaire.

wikipédia


"Quand bien même je me colore des divers spectacles du monde
Je n'en garde aucune empreinte "
(traduction J. Pigeot dans Michiyukibun »)
écrit Saïgyô, un des plus grands noms de la littérature classique.

Sur cet humus culturel, où le poème ne se justifie que s'il agit comme catalyseur spirituel, a pris corps le haiku.
Est-ce la configuration géographique de ce pays, au relief tourmenté, où les plaines sont petites et rares, et les montagnes jeunes et nombreuses, qui conduit à une telle fragmentation du réel ? Le haïku fonctionne sur un mode perceptif en discontinu, parcellisé comme ces multiples rizières qui reflètent les infinies nuances d'un même firmament. Il s'agit là d'une authentique désintégration de l'ordre du monde en millions de ces brefs et minuscules regards que sont les haïku.
La collusion du passé et du futur, ou même leur collision frontale au point précis où naît un haiku, engendre cet infime présent où le poète compose un poème, où le lecteur se l'approprie. En retour, l'instant poétique est une sorte de couture invisible du passé et du futur. En lui coexistent le lointain et l'ici, le fond et la forme, le mouvement et l'immobile, la loi et l'accident. Le haiku résulte de ce travail sensible sur le passé le présent et le futur qui engage notre perception contemporaine.
Bien que parvenu à maturité il y a plusieurs siècles dans un contexte social assimilable à une dictature militaire, le haïku réussit une permanence qui s'explique aujourd'hui par l'épanouissement d'une culture du flash, du clip, de l'instantané, du momentané et du provisoire.
Si l'accélération de l'histoire entraîne, sur un rythme de plus en plus vif, de plus en plus saccadé, de nouveaux modèles, des mutations en chaîne, des interrogations sans fin, le haïku, ce concentré de littérature, d'histoire et de philosophie accompagne depuis longtemps déjà la dissolution progressive des civilisations de la durée.

Malgré le givre. Essai sur la permanence du haïku Editions Folle Avoine

 

Petr Kral

Même dans les tiroirs d’une maison on ne saurait compter
tout le bric-à-brac entassé ; une main levée seule, parmi les
breloques, se tourne maintenant vers la vitre
et le vide au-delà, s’approche, adhère au verre
sans un grincement ; s’agite,
s’agite jusqu’à grincer, tâtonnant rameau de doigts
dans l’amas ligneux des meubles, contre la branche
à la fenêtre,
attendue déjà, dehors, par la sombre caisse à roues et le volant
où enfin elle se posera – avant que, d’un glissement funéraire,
elle n’évacue la ruelle
la laissant à son silence, sa vérité
nue.

Hum ou marge d'erreur, Ed Ragage

 


Petr Kral est né en 1941 à Prague. Après avoir fréquenté un temps le groupe surréaliste tchèque, il quitte en 1968 son pays natal pour s’installer à Paris où il fait œuvre d’essayiste et de poète de langue française jusqu’en 2006. On lui doit notamment des ouvrages critiques sur la poésie tchèque moderne et le surréalisme en Tchécoslovaquie, ainsi que des recueils où les mots n’infligent que quelques précieuses traces au silence. Il vit aujourd’hui à Prague.

« Explorer les failles du monde : à partir des situations les plus quotidiennes, Petr Král invente d’étonnants voyages de poésie pensante, des aventures insoupçonnées où la réalité se donne à voir dans toute son étrangeté. … On comprend ainsi ces notions de base : ces mondes sont faits d’objets disparates, de sujets qui fluctuent. Certains mondes sont rapides, d’autres très lents. Ils sont plus ou moins peuplés, parfois déserts. Cacophoniques ou silencieux par-dessous. Hostiles ou familiers, ou les deux. Obscurs ou crûment lumineux, ou variables. Et ainsi de suite. Mais aucun de ces mondes n’est plat. »

Roger-Pol Droit - le Monde des livres 2/9/2005

remue.net


Roger Lahu

depuis des jours le ciel roule
insolemment
ses épaules bleu cru
au-dessus de l'ardoise
grise et mince et piètre
des toits voisins

l'ardoise
j'ai pris son parti
sans hésitation
je parie sur son opiniâtre
résistance
je mise tout ce que je ne possède pas

le ciel et son bleu et ses coups d'été vainqueur
il ne fera jamais le poids
il ne tiendra jamais

la distance

je le sais bien
qu'on gagnera par jet d'éponge
pluvieuse d'automne
l'ardoise et moi

sans en tirer gloriole

c'était un combat gagné
d'avance

le ciel bleu cru des étés
c'est qu'un rouleur
de fausses mécaniques

It doesn't stop...Editions Wigwam

 


Empruntons les mots de Bernard Bretonnière : « Roger Lahu ? Celui qui s’est défini comme un « propriétaire d’AX diesel de 230.000 kilomètres, qui se retrouve un samedi matin dans un hôtel trois étoiles face à deux bonsaïs arrogants et qui se venge en les mettant dans un poème ». Celui qui dit encore « La poésie n’est pas une arme de destruction massive contre la connerie ». Celui qui considère plutôt la poésie comme un « divertissement pascalien ».
Roger Lahu poète de l’instantané , frère de Richard Brautigan et de quelques autres plus américains que français, Roger Lahu qui écrit « Au plus près », pour reprendre le titre de son inoubliable premier recueil.*

*Bernard Bretonnière in revue « Gare Maritime » de la revivifiante Maison de la poésie de Nantes

 Et puis...

Photo L'Hippocampe

Pierre Lartigue

Bois
Près du feu, l'oubli des douleurs infectes : je bois des troupes, je bois sec au retour du sommeil, je suis ce cheval au nez blanc qui boit du taffetas, je bois frais sans manger, je bois des chapelles chaudes et des cheveux, des verres d'eau frippée, le soleil des consonnes. Je bois dans les fossés plusieurs brassées de bois et l'oseraie d'Honfleur et les petits quatrains vendus. Visage frotté fibres enchevêtrées je n'achèverai pas la peinture de vos manches, vous qui êtes du bois dont on fait les sabots, les nasses, les fagots, vous, boiserie non peinte - coque vide! - et qui résonne sans écorce à mes gémissements lorsque volant l'amour, j'invente...

      Extrait de Ce que je vous dis trois fois est vrai, Editions Ryôan Ji                                                                                
                                                    

                                                                     Pierre Lartigue a disparu en juin 2008 


« Qu’il revête l’apparence du romancier ou de l’essayiste ou du poète, tout chez Pierre Lartigue converge vers une même préoccupation : tirer de l’histoire littéraire et des arts (danse, musique…) la saveur insoupçonnée et la transmettre dans l’idoine contenu, vaisseau formel, pour le plaisir des sens du lecteur. C’est un enchanteur nourrissant ; un érudit gourmand ; un fabuleux re-révélateur du don des formes (…). Avec La forge subtile, il nous dit combien le poème tient du feu de la langue, qu’il s’obtient après des siècles de préparation et de cuisson ; ainsi de même, tout cuisinier le sait, on réussit une excellente daube. Il a publié deux livres de poésie (Ce que je vous dis trois fois est vrai, Ryoan-ji, 1982 ; La forge subtile, Le Temps qu’il fait, 2001), des récits (aux éditions La Bibliothèque), des essais (dont L’Hélice d’écrire, Les Belles Lettres, 2005), des romans (chez Gallimard, à Stock), ce qui fait un beau mélange à entendre. »
Jean-Pascal Dubost

 

Emmanuel Laugier

le poème est une pièce
                               carré noir plongé
sur-
imprimé d’un autre noir deux
plans en somme [    ]
glissent
l’un sur l’autre (carré noir sur fond noir)
ils font du poème un film abstrait de combinatoires
mvts dans un cube trajets – volumétrie
et filtre que pas quand à son angle cassé
je sors
dehors

For, éditions ARgol, 2010




Emmanuel Laugier est né en 1969 à Meknès (Maroc). Il vit à Nîmes. Poète, essayiste et critique littéraire (Le Matricule des anges), il a publié une dizaine de livres, de L’Œil bande (Deyrolle éditeur, 1997) à, récemment, Suivantes (éditions Didier Devillez, 2004) et Mémoire du mat (Virgile éditions, 2006). Il a dirigé par ailleurs, avec Lionel Destremeau, pour les éditions Prétexte des collectifs d’anthologie critique sur la poésie contemporaine, conçu le Cahier Jacques Dupin Strates (Farrago, 2000) ainsi que l’édition de ses écrits sur l’art, Par quelque biais vers quelque bord (P.O.L, 2009).


Publications:
L’OEil bande, Deyrolle Éditeur, 1996
Et je suis dehors déjà je suis dans l’air, Unes, 2000
Son / corps / flottant, Didier Devillez, 2000
Vertébral, Didier Devillez, 2002b
Portrait de têtes, Prétexte Édition, 2002
& Du Bartas, Tout nôtre ær se noircit / La Sepmaine (2), Éditions 1:1, 2003
Suivantes, Didier Devillez, 2005
Mémoire du mat, Virgile, 2006
For, éditions ARgol, 2010

Ouvrages dirigés
Strates, cahier Jacques Dupin, Farrago, 2000
Dossier Dominique Fourcade, Prétexte, n° 20, hiver 1999
Dossier Jean-Patrice Courtois, Prétexte, n° 22, printemps 1999
Cahier Jean-Christophe Bailly, L’Animal, n° 17 / 2005
Cahier Imre Kertész, L’Animal, n° 18 / 2006
-Avec Gilles du Bouchet et Jacques Dupin
Une parole ensauvagée, Cahier Jean-Michel eynard, Éd. La Lettre
volée, 2008
- Avec Philippe Choulet
Cahier Jean-Luc Nancy, L’Animal, n° 14-15 / 2003
Cahier Philippe Lacoue-Labarthe, L’Animal, n° 19-20 / 2008
Avec Lionel Destremau
Singularités du sujet, 8 études sur la poésie contemporaine, vol. 1, Prétexte
Éditeur, 2002
Multiplicités du poème, 8 études sur la poésie contemporaine, vol. 2, Prétexte
Éditeur, 2003
Quatorze poètes : anthologie critique et poétique (1), Prétexte Éditeur, 2004
Poésie : variations, 8 études sur la poésie contemporaine, vol. 3, Prétexte
Éditeur, 2005
Douze poètes : anthologie critique et poétique (2), Prétexte Éditeur, 2006
Éditions, préfaces et postfaces
«Sans rien dire », postface à De nul lieu et du Japon, Jacques Dupin,
Farrago, nouvelle édition, 2001
« Ruban du sans sommeil », postface à sans sujet, Jean-Michel Reynard, Nouvelles éditions Lignes, 2008
« Sous l’immense cube d’air frais », préface à l’édition de Par quelque
biais vers quelque bord, Jacques Dupin, P.O.L, 2009


            For, éditions Argol, 2010
            Mémoire du mat, Virgile, 2006
            Suivantes, Didier Devillez, 2005
            Tout nôtre ær se noircit & Du Bartas, La Sepmaine, Éditions 1:1, 2003

photo Printemps des Poètes

Emmanuelle Le Cam

De cet état
de panique
où le chaos
le dispute

à la vacuité

Unique demeure, Ed L'idée bleue

 

 



Emmanuelle Le Cam est née à Lorient et vit aujourd’hui à Rennes. Poète et traductrice elle a publié plus d’une quinzaine d’ouvrages de poésie aux éditions Citadel road, Le chat qui tousse, le Dé bleu et récemment La part commune. Ses textes souvent tourmentés interpellent par des questions nettes ou des mots nus. Son regard investit les paysages  bretons et sonde ses propres abîmes. Dans L’hospitalité des anges, paru en 2006 aux éditions La part commune, Emmanuelle Le Cam se montre « discrète mais tranchante. On perçoit, dans ses poèmes courts, une harmonie toujours à réinventer et qui passe par les mots, la chambre, la réalité alentour, la ville où elle vit (…) » *
* Jacques Josse

sur wikipédia

 

Meredith Le Dez

Toute parole s'économise dans la buée
le gel
la bruine de mort
l'hiver se répète
qu'y puis-je

si notre flot se tarit oublieux de sa source improbable

Les Eaux noires, Ed Folle Avoine, 2008


Née en 1973 de parents issus de milieux modestes. Vit aujourd’hui à Saint-Brieuc.
Enseigne un an en Lorraine avant de s’installer en Bretagne d’où est originaire sa famille paternelle.
En septembre 2004, prend un congé sans solde pour préparer un master professionnel édition à l’Université de Lorient.

En 2007, quitte définitivement l’éducation Nationale pour créer les éditions MLD, avec la volonté de bâtir, dans la durée, un catalogue qui se tienne.

Bibliographie partielle
Les Eaux noires (poèmes),
Folle Avoine, 2008
Eloge du Vivant  (poèmes)
à paraître chez Folle Avoine

 

Alain Le Saux

Ces brides d'envers
Ces brides d'hiver
Ce loin d'osmose
Ce mauve exclamatif dans un poing crépusculaire

CruciFiction, Les Hauds-fonds

 


Alain Le Saux est né en 1959 à Lannion. Il a publié Aucune fiction (Wigwam, 1992) et tout récemment CruciFiction (Les Hauts-fonds, 2008). L'été dernier, il a séjourné à Rosario, en Argentine, en tant que résident invité.

"Alain Le Saux emprunte des itinéraires chauds et sinueux. Des chemins de traverse pour aller de la mer à la ville mais également de soi à soi en passant par les autres, leurs paysages intimes, leurs façons si particulières de les donner à celui (lui) qui sait les prendre, les filtrer et les recycler en leur transmettant la dose d'énergie qui leur manquait." Jacques Josse

sur wikipédia

Sophie Loizeau a publié un premier livre aux éditions du Dé Bleu, motrices d’importantes voix féminines actuelles telles que Valérie Rouzeau ou Ariane Dreyfus. Par ses livres suivants, parus aux inventives éditions Comp’Act, elle a donné à lire un travail d’une prégnante force attaché à la corporéité. Son dernier ouvrage, La Nue-Bête a reçu le prix Georges Perros 2006.
D’après Bernard Noël, les mots, chez Sophie Loizeau, « ne sont pas plantés dans la poésie : ils remuent, tressautent, veulent un peu plus d’amour ou d’attention. Les voilà qui dressent des organes inattendus, projettent des figures inconvenantes, cherchent l’accouplement avec l’œil qui les touche.
Il faut que lire comme écrire soit une tâche organique... »*

*Bernard Noël, à propos de Aux environs du bouc, Comp’Act, 2005