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MOHAMMED EL AMRAOUI

Entrée du Jour

23 Mars - Le jour entre à la maison comme un visage dépourvu de nez.
Trône encore sur mon crâne un lune presque pleine

qu'on a vêtu de noms et verbes verticaux :
amour, orient, écrire, minaret...

Sur le lit ,un éveil tire toutes les heures qui s'élèvent dans l'après

Et pour la première fois

Je ressens le concept même de l'infini frôler mes pieds.

(Ce texte a été écrit en Arabe et traduit en Français par Mohammed El Amraoui)


Né en 1964 à Fès (Maroc), Mohammed El Amraoui vit à Lyon depuis 1989 où il participe à l’association-édition Poésie rencontres. Il écrit en français et en arabe.

" Mohammed El Amraoui écrit dit lit en français. Mohammed El Amraoui écrit dit lit en arabe. Mohammed El Amraoui invente des images, des syntaxes, sa grammaire.
Mohammed El Amraoui fuit les mots convenus, il a « le feu sur le bout de la langue » et trouve le « soleil un peu mou ».
Avec une fille et un vélo (par exemple), Mohammed El Amraoui sait aussi écrire des pages toutes simples.
Mohammed El Amraoui se méfie des mots cœur, amour, beauté, bonheur quand il écrit.

Bernard Bretonnière - extrait Gare maritime 2003

 

ISRAEL ELIRAZ

« Mille faces se reflètent dans mille autres faces, en mille langues, et cela est l’action poétique d’aujourd’hui. Nous, nos poèmes sont des variations infinies ».

 


...et il y a toujours l’immense
à empoigner

Ne ronge plus tes ongles

Parle-moi, près de la table
des choses particulières,

des points d’appui
inachevés –

une tige, le hasard, l’oubli

Dehors, José Corti


Né à Jérusalem en 1936, Israël Eliraz a fait ses études en français à l’école de l’Alliance Israélite et à l’Université Hébraïque de sa ville natale. Il passe une année à la Sorbonne (section études théâtrales) comme boursier du gouvernement français en 1965-1966.
Eliraz a commencé à écrire des romans dans les années soixante. De 1965 à 1975, il écrit dix pièces de théâtre. Deux d’entre elles sont montées à Paris et publiées par L’Avant-Scène. Il écrit six opéras avec Joseph Tal, qui sont présentés à Hambourg, Munich, Rostok, Tel-Aviv, au New-York City Opéra et à Londres. A partir de 1980, il consacre tout son temps à la poésie.

Poezibao


Rochefort-sur-Loire 2009

Antoine Emaz

"...les questions dans la neige

peaux mortes mues

on est nu neuf
face au vide
au ciel-drap

la neige tombe lente sur un cratère de temps

on voit le blanc peser doucement
effacer les traces

on voit un pays page sage
soi
nappé de silence épais rien
quand les mots glacent
ou perlent fondent
en gouttes lentes

l'eau du temps maintenant
non plus boue
ou pus "

Plaie, Editions Tarabuste

 


...seul
on ne se porte pas si mal
sans être vraiment léger

cela tient à cet air
qui aide

comme de la tendresse
diffuse la lumière
enrobe

bien sûr on ne va pas
en rester là

on sera rejoint
et ça s'en ira comme le reste
dans l'évier du soir
on le sait...

Peau, Tarabuste, 2008



Né en 1955, Antoine Emaz vit à Angers.
"Ensuite, vie ordinaire, entre pas facile et pas impossible, comme tout le monde. Je ne vois pas bien quoi dire d'autre qui serait un peu nécessaire, ou éclairant, au-delà, autour ou en-deçà des poèmes. Si tout poème est bien de circonstances, écrire vise à délaver assez pour qu'il devienne une interface, et non un miroir. Voilà pourquoi devoir alimenter le moulin biographique me gêne toujours autant. Une chose pourtant : je revendique le droit à la contradiction, au risque, à la tentative, voire au ratage. La poésie n'est pas pour moi un exercice réussi lorsque les contraintes ou les procédures ont été respectées, elle est à chaque fois invention d'un écrire-vivre, tension de langue contre ce qui nous rend muets." Antoine Emaz"
Printemps des Poètes

Bibliographie partielle

-De l’air, Le dé bleu, 2006
-Caisse claire (anthologie 1990-1997), Seuil, 2007
- Peau, Tarabuste, 2008
- Cambouis, (notes), Seuil, 2009
- Lichen encore, Rehauts, 2009
- Plaie, Tarabuste, 2009

Wikipédia

Et aussi...

 

Tamirace Fakhoury

Par-delà la Grille

Dans la ville
Les étoiles brillent
Les rues touchent les vagues
Mais la lumière est la paresse du temps et des dieux
Le monde va seul et disperse ses os.

Dans la ville
Les étoiles brillent
Mais quand on est ivre
Le voyage cesse
Le vol est un départ nocturne
Une tache sombre
Un trou profond
Pour engoutir mains
Dévorer impuissance.

Dans la ville
La mortification est réelle
Comme une empreinte sur le sable
Ou un ouvrage dans un musée.

Tous les mirages existent purs et pétrifiés
Les illusions sont de grandes lanternes
Et les vivants ne se retrouvent plus.

La ville est une pierre tombale
Les morts s'y disputent
Sans jamais franchir un mur.

Dans la ville
Les passants se promènent
Répètent à pleins poumons
Le rêve de l'homme éveillé
Qui ne dit non
Qu'après avoir bu une goutte de la tentation.

Dans la ville
Les étoiles brillent
Mais elles arrêtent de briller
Quand on fait une prière.

L'homme n'a plus d'ombre
Les flammes ne dansent plus sur les murs
Il y a une rêverie qui s'amuse à inventer des formes
Côtoyer la mer et couper la queue d'une étoile filante.


Extrait de Aubades, editions An-Nahar

Printemps des Poètes

 


Née à Beit chabab (Mont Liban), Tamirace Fakhoury a publié à l'âge de 9 ans un recueil de poèmes arabes Le pays de l'Empereur et de l'Enfant perdu, puis par la suite, trois recueils de poèmes en français aux éditions Dar-An-Nahar.

Des extraits de sa poésie ont paru dans plusieurs revues et journaux au Liban, en France, au Canada en Allemagne.
Elle a aussi participé à plusieurs manifestations culturelles en Europe (Lodève, Mayence, Fribourg...).
                                             
Bibliographie partielle
Poème absent, éditions Dar An-Nahar, 2004
Contre-Marées, éditions Dar An-Nahar, 2000